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COMMENT EST-ELLE ?







Livre Premier.



(2) s'appliquant jusqu'à ce jour aux études libérales,… par un attachement trop vif aux charmes de la sagesse humaine,





(3) Aussi avait-elle toujours à sa disposition la parole de Dieu afin de satisfaire ceux qui venaient la consulter et de réfuter toute idée fausse par des témoignages de la sainte Écriture employés si à propos, qu'on n'y trouvait rien à objecter.





(3) ces pages sacrées étaient pour sa bouche un rayon de miel, pour son oreille une douce harmonie, pour son cœur une jubilation spirituelle





Chapitre II. Lutte contre tentations==

(2)…l’effet de la prière, à délivrer de la tentation ceux qui, avec un cœur contrit et humilié, avaient prié Dieu par son entremise





CHAPITRE III. SECOND TEMOIGNAGE.

(Ce que le Seigneur trouve en elle)





(5) Cinq vertus dans lesquelles je trouve mes délices:


-
une vraie pureté par l'influence continue de ma grâce,


-
une vraie humilité par l'abondance de mes dons, car plus j'opère de grandes choses en elle, plus elle s'abîme dans les profondeurs de sa bassesse par la connaissance de sa propre fragilité,


-
une vraie bonté qui l'excite à désirer le salut de tous les hommes,


-
une vraie fidélité par laquelle tous ses biens me sont offerts pour le salut du monde,



, après avoir profité de mes dons, elle m'en renvoie toujours la louange et la gloire. »



-enfin
une vraie charité qui la porte à m'aimer avec ferveur de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces, et le prochain comme elle-même (Luc, x, 27) à cause de moi.



(4) Son cœur bat continuellement à l'unisson avec les battements de mon amour, ce qui me procure une joie sans égale.





(5) « Elle est pour moi une colombe sans fiel, parce qu'elle chasse de son âme tout péché.

Elle est ce lis que je me plais à porter en main, parce que mon bonheur suprême consiste à prendre mes délices dans une âme chaste et pure.



Elle est une rose parfumée par sa patience et son assiduité à me rendre grâces dans les adversités.



Elle est la fleur printanière sur laquelle mon regard se repose avec complaisance, parce que je vois dans son âme

le zèle et l'ardeur nécessaires pour acquérir les vertus et arriver à une complète perfection.





(6) L'ardeur de son amour liquéfie en quelque sorte l'intime de mon être,

et comme la graisse se fond sous l'action du feu, de même la douceur de mon divin Cœur fondue par le feu de son amour, tombe goutte à goutte et perpétuellement dans son âme. »

Le Seigneur ajouta : « Mon âme se complait tellement en elle que souvent, lorsque les hommes m'offensent, je viens chercher dans son cœur un doux repos, en permettant qu'elle endure quelque souffrance de corps ou d'esprit.



Elle les reçoit avec tant de gratitude et les supporte avec tant de patience et d'humilité en s'unissant aux douleurs de ma Passion, qu'aussitôt apaisé par son amour, je pardonne à d'innombrables pécheurs. »



MAIS Nous sommes très fragiles==



(7) par suite de la fragilité humaine, elle pourrait à peine se garantir du souffle pernicieux de la vaine gloire,



CHAPITRE IV.

DU TROISIEME TÉMOIGNAGE.



(1)Nous l'avons vue rechercher uniquement la gloire de Dieu. Non seulement elle la recherchait, mais elle la poursuivait avec ardeur; jusqu'à lui sacrifier son honneur, sa vie, et en quelque sorte son âme



(1)L’amour de la gloire divine lui fit soutenir avec tant de constance les droits de la justice et de la vérité, qu'elle méprisait les peines et les contrariétés pour ne songer qu'à la gloire de son Seigneur.



2Elle travaillait assidûment à recueillir et à écrire tout ce qu'elle croyait pouvoir être utile aux autres, afin de procurer l'honneur de Dieu et le salut des âmes, sans jamais attendre les remerciements des hommes

3Prendre sur son sommeil et son repos, différer ses repas, négliger ce qui regardait sa commodité personnelle, tout cela était pour elle plutôt une joie qu'un labeur. Bien plus, il lui arriva souvent d'interrompre sa douce contemplation lorsqu'il fallait secourir une personne éprouvée par la tentation, consoler les affligés ou remplir quelque office de charité



(3)... et n'aspirait qu'au salut des hommes.



(3)C'est la seule raison qui l'engagea à découvrir parfois les faveurs qu'elle recevait de Dieu : s'en jugeant si indigne, elle ne pouvait croire qu'elles lui eussent été données pour elle seule, mais bien plutôt pour le salut du prochain.



CHAPITRE VI.

DE SON INFLEXIBLE JUSTICE



(1)La justice, c'est-à-dire le zèle d'une ardente charité

le soleil de l'âme,(st Bernard)

Bien plus, elle eût préféré, si l'équité l'avait exigé, voir condamner sa propre mère plutôt que de commettre la moindre injustice contre un ennemi,



(2) Si l’occasion se présentait de donner quelque avis pour l'édification du prochain, elle mettait de côté toute modestie…. déposait tout respect humain



(2)Et cette consolation, elle la lui procurait, non moins par ses paroles que par ses désirs et ses ferventes prières.

(2) Elle eut un soin constant, dans ses rapports avec le prochain, de ne s'attacher le cœur d’aucune créature pour éviter toute occasion qui l'aurait, si peu que ce soit, éloignée de Dieu.



(3)…et son cœur souffrait vivement lorsque, même par une seule parole, on lui avait témoigné une affection trop naturelle.



CHAPITRE VII.

DE SON ZÈLE POUR LE SALUT DES ÂMES



(2)Elle employait donc sa vie, du matin au soir, soit à résumer le texte sacré, soit à éclaircir les passages difficiles, tant elle désirait la gloire de Dieu et le salut du prochain.



(5) …s'adonna tout entière au repos de la contemplation, recherchant au fond de son cœur celui qui, de son côté, se communiquait à elle par une effusion toute spéciale de la grâce.



CHAPITRE VIII.

DE SA COMPATISSANTE CHARITE.

Celle-ci avait encore un sentiment profond de tendre et compatissante charité.



Sa tendre compassion ne s'exerçait pas seulement envers les êtres raisonnables, mais elle atteignait toute créature.

CHAPITRE IX.

DE SON ADMIRABLE CHASTETÉ.



(1)Cette admirable réserve ne se traduisait pas seulement par la modestie des regards, mais elle l'observait en toute circonstance, soit qu'elle parlât ou écoutât, et tous les mouvements de son corps en portaient l'empreinte.



CHAPITRE X.

DU DON DE CONFIANCE QUI BRILLA EN GERTRUDE



(1)Le don de confiance.

Elle sentait à toute heure une telle sécurité dans sa conscience, que ni les tribulations, ni les blâmes, ni les obstacles, ni même ses propres fautes, ne pouvaient altérer cette ferme confiance dans la miséricorde infinie.

croyait fermement que tout coopère au bien des âmes, qu'il s'agisse d'événements extérieurs ou d'opérations intimes.



(1)Elle entrevoyait avec joie l'abondance des consolations divines dont l'adversité du moment lui semblait être la préparation et le gage certain.



(2)Lors même qu'elle se voyait aussi privée de lumière qu'un charbon éteint, elle s'efforçait encore de chercher le Seigneur,



(3) Elle avait pris l'habitude de se prosterner souvent aux pieds du Seigneur, pour obtenir le pardon de ces fautes légères qui sont inévitables ici-bas.



Eucharistie

(4) Bien qu'elle ne vit aucune manière de se préparer dignement, cependant, après avoir mis sa confiance dans l'infinie bonté de Dieu, elle s'efforçait par-dessus tout de recevoir le sacrement avec un cœur pur et un fervent amour.



(5) Elle attribuait à sa seule confiance en Dieu tout le bien spirituel qu'elle recevait, ….



(6)….qu'il lui était toujours indifférent de vivre ou de mourir

mais la volonté et l'ordre de mon Dieu seront pour moi la meilleure et la plus salutaire préparation. J'irai donc avec joie vers lui, que la mort soit subite ou prévue, sachant que de toute façon la miséricorde divine ne pourra me manquer, et que sans elle nous ne serions pas sauvés, quel que soit le genre de notre mort.»



(7) Tous les événements la trouvaient dans une égale disposition de joie, parce que son esprit restait fixé inébranlablement en Dieu, dans une constance pleine de vigueur.



( Confirmation de sa confiance ) important dans les développements

(8) Notre-Seigneur daigna rendre lui-même à la confiance de son Élue le témoignage suivant : Une personne, après avoir prié Dieu, s'étonnait de ne pas recevoir de réponse ; il lui dit enfin : « J'ai tardé à te répondre, parce que tu n’as pas confiance en ce que ma bonté toute gratuite daigne opérer en toi. Ma bien-aimée au contraire est si fortement enracinée dans la confiance qu'elle s'abandonne toujours à ma bonté ; c'est pourquoi je ne lui refuserai jamais ce qu'elle désire. »



CHAPITRE XI.

DE LA VERTU D'HUMILITÉ ET DE PLUSIEURS AUTRES VERTUS QUI BRILLÈRENT EN ELLE COMME AUTANT D'ÉTOILES.



(5) Le dégoût absolu qu'elle ressentait pour tous les plaisirs passagers de ce monde



(5)» Et le bienheureux Bernard ajoute : « Tout est à charge à celui qui aime Dieu tant qu'il ne jouit pas de l'unique objet de ses désirs. » Un jour donc qu'elle éprouvait du dégoût en face des joies humaines, elle s'écria : « Rien ne peut me plaire ici-bas, si ce n'est vous, ô mon très doux Seigneur ! » Le Seigneur répondit : « Et moi je ne vois rien au ciel et sur la terre qui puisse me plaire sans toi, car mon amour t'unit à toutes mes joies. Si je prends mes délices dans des choses diverses, c'est avec toi que je les trouve ; et plus ces délices sont abondantes, plus grande est la part que tu en reçois. » C'est ce que saint Bernard atteste lorsqu'il dit : « Que l’honneur du Roi aime la justice, soit ; mais l'amour de l'Époux ne demande qu'un retour de tendresse et de fidélité. »



(6) Elle était assidue aux veilles



(7) Le Seigneur en rendit lui-même témoignage car une personne lui ayant demandé ce qui lui plaisait davantage dans cette Élue, il répondit : « La liberté de son Cœur. »

Ce bien est si grand qu'il conduit à la plus haute perfection : à toute heure je trouve ma bien-aimée prête à recevoir mes dons, car elle ne supporte dans son âme absolument rien qui puisse entraver mon action. »



(8) Comme conséquence de cette liberté d'esprit, elle ne gardait à son usage que ce qui lui était indispensable, et si elle recevait quelques présents, elle les distribuait aussitôt au prochain, ayant soin de favoriser les indigents et de préférer ses ennemis à ses amis. Si elle avait quelque chose à faire ou à dire, elle s'exécutait sur-le-champ, dans la crainte que la moindre préoccupation l'éloignât du service de Dieu et de l'assiduité à la contemplation.



« Mais, reprit M., si sa vie est admirable, d'où vient qu'elle juge parfois avec tant de sévérité les fautes et les négligences d'autrui ? » Le Seigneur répondit avec bonté: « Comme elle ne souffre jamais la moindre tache sur son âme, elle ne peut tolérer avec indifférence les défauts du prochain. »



(9) En ce qui concernait les vêtements ou les objets à son usage, elle se contentait du nécessaire, n'apportant aucune recherche ou délicatesse. Ces objets lui plaisaient, en proportion de ce qu'ils l'aidaient à servir Dieu,



Ce n'était pas pour elle-même qu'elle faisait usage des choses créées par Dieu, mais uniquement pour la gloire de son Seigneur.



C'était donc avec joie qu'elle usait du sommeil, de la nourriture et de toute autre chose, car elle pensait donner ces biens au Seigneur qu'elle voyait en elle comme elle se voyait en lui, selon cette parole de l'Évangile : « Quod uni ex minimis meis fecistis, mihi fecistis : Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait » (Matth., xxv, 40) ; et s'estimant la dernière et la plus vile des créatures à cause de son indignité, tout ce qu'elle s'accordait à elle-même, elle le regardait comme donné au plus petit des serviteurs de Dieu.



Toutefois elle éprouvait encore plus de joie à donner quelque chose au prochain : c'était alors l'allégresse d'un avare qui, au lieu d'une pièce de monnaie, reçoit cent marcs.



(10) Elle voulait que tous les biens lui vinssent du Seigneur lui-même : aussi, s'agissait-il de faire un choix, soit pour les vêtements ou la nourriture, elle prenait au hasard la part qui lui tombait sous la main, croyant s'attribuer ainsi ce que Dieu lui destinait. Elle recevait alors cette part avec autant de reconnaissance que si le Sauveur la lui eût offerte de sa propre main; et que ce fût bon ou mauvais, elle était également satisfaite. Elle trouvait une si grande satisfaction à exécuter ainsi tous ses actes, que parfois elle exprimait sa vive compassion pour les païens et les juifs, qui, dans le choix qu'ils font des choses, ne peuvent agir de la sorte, ni entrer en part avec Dieu.

(11) elle cherchait, par une humble discrétion, l'avis de ses inférieurs eux-mêmes et les écoutait avec tant de déférence, que presque toujours elle abandonnait ses idées personnelles pour adopter celles d'autrui.

(12) Elle avait aussi cette admirable confiance, fondement de toutes les vertus, et à laquelle Dieu ne refuse rien, surtout lorsqu'il s'agit de biens spirituels; et la noble humilité, fidèle gardienne des vertus,

En parlant de sa charité envers Dieu et le prochain,… se traduisait à l'extérieur par les témoignages d'une compatissante bonté



CHAPITRE XII.

TÉMOIGNAGES PLUS ÉVIDENTS ENCORE DE CE QU'ELLE FUT UN CIEL SPIRITUEL.



(1) JHS : « Lorsque j'étais sur la terre, j'ai éprouvé aussi des sentiments et des affections très ardentes ; j'avais une haine profonde pour toute injustice, et cette Élue me ressemble par là. » -- « Mais, Seigneur, reprit la sœur, vous ne parliez durement qu'aux pécheurs, tandis que celle-ci blesse même parfois des personnes réputées vertueuses. » Et le Seigneur répondit: « Les Juifs, au temps de mon avènement, semblaient les plus saints des hommes, ils furent cependant scandalisés les premiers à mon sujet. »

(3)Ce fut non seulement par ses conseils, mais aussi par ses prières, que plusieurs ressentirent les effets de la grâce : comme ils s'étaient recommandés à elle, ils se trouvèrent si complètement délivrés de grandes et interminables peines,



(4)C'est ainsi qu'en toute circonstance elle appelait à son secours ce Bien-Aimé qui régnait sur son âme et qu'elle trouvait toujours en lui un allié très fidèle et rempli de bonté.

CHAPITRE XIV.

DES PRIVILÈGES PARTICULIERS QUE DIEU LUI AVAIT ACCORDÉS.



(2) elle les engageait et parfois les forçait, pour ainsi dire, à s'approcher du Sacrement du Seigneur, en se confiant à la grâce et à la miséricorde de Dieu.

: tous ceux qui, avec dévotion et humilité, viendront chercher ma lumière auprès de toi obtiendront une réponse en quelque sorte infaillible…. parce que par amour et par égard pour toi je ne leur fermerai pas mon sein paternel, mais je les serrerai dans les bras de ma tendresse pour leur donner le doux baiser de paix.



(3) « Je donnerai toujours à chacun ce qu'il aura espéré obtenir par ton intercession.



(4) et je l'exciterai à la componction afin qu'elle ne mérite plus ma vengeance. » Elle fit encore cette question : « Seigneur, si vous parlez vraiment par ma bouche, comme votre bonté daigne l'assurer, comment se fait-il que parfois mes conseils produisent si peu d'effet, bien que je ne sois inspirée que par le désir de votre gloire et du salut des âmes ? » Le Seigneur répondit : « Ne sois pas étonnée si tes paroles sont quelquefois prononcées en vain, puisque moi-même j'ai souvent prêché sur la terre avec toute l'ardeur de mon divin Esprit sans qu'il en résultât aucun bien : toutes choses sont réglées par ma divine Providence, et arrivent en leur temps. »



(6)celui qui implorera avec confiance le secours de tes prières recevra la grâce du salut.

(6)Elle comprit que le Seigneur disait : « Ceux qui voudront venir à moi par ce pont ne pourront tomber ni dévier du droit chemin », c'est-à-dire qu'en recherchant ses conseils et en les suivant avec humilité, ils ne s'égareront jamais.

CHAPITRE XVI.

RÉVÉLATIONS REÇUES PAR PLUSIEURS PERSONNES ET FOURNISSANT DES TÉMOIGNAGES ENCORE PLUS CONVAINCANTS DE LA RÉALITE DES SIENNES.





(1)« Je lui ai accordé des privilèges spéciaux, en sorte que chacun obtiendra vraiment par son entremise tout ce qu'il désire,



(2) Je l'ai choisie pour ma demeure,

(2) Il importe donc qu'elle se hâte toujours, poussée par le souffle de l'Esprit, et qu'une œuvre étant achevée, je la trouve prête à suivre une autre inspiration. Si elle commet quelque négligence, sa conscience n'en sera pas chargée, puisqu'elle y suppléera en accomplissant par ailleurs ma volonté. »



(3) « Elle parviendra à une si grande union avec Dieu, que ses yeux ne verront que ce que Dieu daignera voir par eux ; sa bouche ne dira que ce qu'il plaira à Dieu de dire par elle;



(6) « Si je ne lui parais jamais irrité, c'est qu'elle trouve toujours bon et juste tout ce que je permets et ne se trouble d'aucun événement.

Lorsqu'elle a une affliction à supporter, elle tempère sa douleur par cette pensée que ma Providence divine ordonne toutes choses.



CHAPITRE XVII.

DE L'INTIMITÉ CROISSANTE DE SES RAPPORTS AVEC DIEU.



(3) la Sagesse divine est si impénétrable, et si inséparablement jointe à l'Amour, que le meilleur parti est de lui abandonner toute chose.

Cet abandon avait alors pour elle plus de charmes que la connaissance profonde des secrets mystères de Dieu.






Livre SECOND





CHAPITRE XII.

AVEC QUELLE PATIENCE DIEU SUPPORTE NOS DÉFAUTS,



(2) et je gémis d'avoir troublé, par les mouvements impétueux de mon caractère, l'auteur de la paix et de la pureté parfaites. Il me semblait même que j'aurais préféré vous voir absent de mon âme à cette heure, mais à celle-là seulement, où j'avais négligé de repousser l'ennemi qui m'entraînait à des sentiments si contraires à votre sainteté.



CHAPITRE XIII.

DE LA VIGILANCE SUR NOS SENTIMENTS.



(3) la vivacité de mon caractère,



CHAPITRE XXIII.

ACTION DE GRACES, ET ÉNUMÉRATION DE DIVERS BIENFAITS, QUELLE AVAIT COUTUME DE RELIRE A ÉPOQUES FIXES, Y JOIGNANT LES PRIÈRES QUI PRÉCÈDENT ET CELLES QUI SUIVENT.



(10) Souvent vous m'avez amenée à la connaissance salutaire de mes défauts : et vous m'avez alors tellement épargné la confusion, que vous paraissiez pour ainsi dire considérer comme moins grave de perdre la moitié de votre royaume, que d'effrayer ma timidité enfantine. Prenant un détour plein d'adresse, vous me montriez votre aversion pour les défauts des personnes qui m'entouraient, et quand je jetais les yeux sur moi-même, je me voyais aussitôt bien plus coupable : votre douce lumière avait donc éclairé ma conscience, sans qu'un signe de votre part ait pu me faire supposer que vous aviez même remarqué en moi un défaut capable de vous contrister.

(17) Vous répandiez vos dons sur mon âme en proportion de votre divine et royale libéralité ; et je les recevais avec la rusticité de mon naturel, comme une vile esclave qui gâte tout ce qu'elle touche.

(18) J'ai étouffé en moi les fruits de l'espérance en me défiant de vos promesses



Livre IV



CHAPITRE IV.

DU MEPRIS DES SATISFACTIONS TEMPORELLES.



(1)….elle se trouva envahie par une tristesse profonde et indéfinissable qui lui fit perdre la patience.



(3)Celle-ci, renonçant alors constamment aux joies de ce monde, et même aux célestes consolations, s'abandonna tout entière à la volonté du Seigneur.



CHAPITRE V.

COMMENT LE SEIGNEUR S'INCLINA VERS ELLE APRÈS QUELLE SE FUT HUMILIÉE DEVANT LUI,



puisque j'ai établi et affermi mon amour dans ton âme, je ne pourrai jamais souffrir que nous soyons séparés. »



CHAPITRE VII.

DE LA COMPASSION DU SEIGNEUR A NOTRE ÉGARD.



Comme elle désirait se préparer à recevoir la sainte communion, et s'en trouvait empêchée par de nombreuses distractions, elle implora le secours divin



CHAPITRE VIII.

DES CINQ PARTIES DE LA MESSE.



Un jour que, retenue au lit elle ne pouvait assister à la messe où elle aurait dû communier, son cœur en éprouva un vif regret.

puisque ma meilleure préparation est de m'unir d'intention au ministre qui célèbre, en suivant les différentes parties du sacrifice ? »

CHAPITRE IX.

DE LA DISPENSATION DE LA GRÂCE DIVINE.



(1)…elle fut ravie hors d'elle-même par la contemplation de cette bonté divine, qui tantôt déverse sur nos âmes le fleuve impétueux de ses grâces, tantôt refuse de moindres faveurs pour garder plus sûrement ces mêmes grâces. La vue de cette admirable conduite de Dieu qui faisait tout concourir au bien de son âme excita en elle une si grande admiration et une si profonde reconnaissance, que, ravie en extase et défaillante sous l'action divine, elle se jeta sur le sein du Seigneur en disant : « O Dieu, ma faiblesse ne peut supporter la vue de tant de merveilles ! »



CHAPITRE X.

DE TROIS OFFRANDES.



(1)Le Seigneur lui témoigna alors, par de nombreuses marques de tendresse, l'affection la plus vraie qu’un ami puisse avoir pour son ami, mais elle ne s'en montra guère satisfaite, habituée qu'elle était à recevoir des faveurs plus élevées par un mode supérieur.



CHAPITRE XI.

D'UNE INDULGENCE ET DU DESIR DE LA DIVINE VOLONTÉ.



(3) Une autre fois, la vue de son indignité et de sa faiblesse l'avait si fortement découragée, qu'elle ne pouvait comme de coutume célébrer les louanges de Dieu, ni aspirer aux jouissances de la contemplation. Cependant, elle retrouva bientôt sa vigueur, par la miséricorde de Dieu et les mérites de la très sainte vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ





CHAPITRE XXX.

DU MÉRITE DE LA VOLONTÉ ET DE L'OFFRANDE DU COEUR AVEC D'AUTRES INSTRUCTIONS DONNÉES A SON ENTENDEMENT AU SUJET DES PAROLES DE L'OFFICE DIVIN.

II ; Parfaite offrande du cœur à Dieu.

« O Père saint, que pour votre éternelle louange le cœur de cette créature (Ste Gertrude) soit l'heureux intermédiaire qui répande sur le monde la source intarissable des bienfaits renfermés dans mon Cœur sacré. »



XXII. Comment le Seigneur tempéra dans l’âme de celle-ci le désir de la mort.



Le Seigneur daigna lui faire comprendre ce qui suit : chaque fois qu'elle exprimerait le désir d'être affranchie de cette prison de mort, tout en se montrant déterminée à demeurer ici-bas aussi longtemps qu'il plairait au Seigneur, autant de fois le Fils de Dieu lui communiquerait les mérites de sa très sainte vie, pour qu'elle devint parfaite au yeux de Dieu le Père.



XXIV. -- La volonté d'avoir de bons désirs supplée à leur absence.

mais à l'instant même elle sentit la bonté divine s'incliner vers elle et lui dire dans un embrassement plein d'amour : « Ma fille, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi





(Toujours Chapitre XXX)

XXV. -- Il faut craindre que l'usage des sens nuise en nous à la grâce.

Elle ressentit un jour une tristesse profonde pour une chose de peu d'importance, et pendant que le prêtre présentait l'Hostie sainte à l'adoration du peuple, elle offrit sa désolation à Dieu, en louange éternelle.

Il la fit doucement reposer sur son sein et lui dit avec bonté : « Dans ce lieu de repos tu seras exempte de toute peine ; mais chaque fois que tu t'en éloigneras, ton cœur éprouvera aussitôt cette profonde amertume qui te servira d'antidote salutaire et te ramènera vers ton Dieu. »



XXVII -- Estime de la patience.



Le Seigneur répondit : « Je désire que tu apprennes la patience. » Comme elle se trouvait alors, non sans motif, dans un grand trouble,



CHAPITRE XXXIV.

DU PROFIT QUE LES HOMMES PEUVENT RETIRER DE L’OFFRANDE FAITE PAR LE SEIGNEUR ET LES SAINTS.



(1)Celle-ci devait, un matin, recevoir le corps du Christ et gémissait de se trouver si peu préparée.



CHAPITRE XXXIX.

COMBIEN EST UTILE LE SOUVENIR DE LA PASSION DE JÉSUS-CHRIST.



(1)En considérant un jour sa propre indignité, celle-ci perdit si bien confiance en ses propres mérites, qu'elle s'arrêta dans sa voie spirituelle vers Dieu.



CHAPITRE XLV.

COMMENT LE SEIGNEUR ACCEPTA UN HOMMAGE RENDU AU CRUCIFIX.



(1)Un vendredi, après avoir passé toute la nuit en prières et en désirs ardents,

une autre fois :

CHAPITRE XLVI.

DES SEPT HEURES DE L'OFFICE DE LA BIENHEUREUSE VIERGE.



(1)Tandis qu'elle veillait une nuit pour méditer sur la Passion du Seigneur,



CHAPITRE XLVII

MANIFESTATION DE L'AMITIÉ DU SEIGNEUR.



(1)Les relations avec les créatures lui étaient fort à charge, parce que l'âme qui aime vraiment Dieu ne rencontre en dehors de lui qu'ennui et souffrance.

(1) « O mon Seigneur, je ne trouve qu'amertume dans les créatures, je ne veux plus avoir d'entretien et de commerce qu'avec vous. Souffrez que je me détourne d'elles pour m'occuper de vous, ô mon unique bien, ô joie souveraine de mon cœur et de mon âme. »



CHAPITRE LVI.



QU'IL LUI EST INDIFFÉRENT DE VIVRE OU DE MOURIR



CHAPITRE LVII.

HAINE DU DIABLE A PROPOS D'UNE GRAPPE DE RAISIN.



« Je suis dédommagé, dit-il, de l'amertume dont je fus abreuvé sur la croix pour ton amour car je goûte à présent dans ton cœur une douceur ineffable.



CHAPITRE LIX.

LE SEIGNEUR NE DEMANDE QU'UN SERVICE PROPORTIONNÉ  A NOS FORCES.



(1)….l’âme tout abattue



CHAPITRE LX.

RENOUVELLEMENT MYSTIQUE DES SACREMENTS.



Un jour, en examinant sa conscience, elle y trouva une faute dont elle aurait voulu se décharger. Mais, dans l'impossibilité de trouver un confesseur, elle se réfugia, comme de coutume, auprès de son unique consolateur le Seigneur Jésus-Christ, et tout en gémissant lui exposa son embarras.



CHAPITRE. LXI.

MÉRITE D'UNE CONDESCENDANTE CHARITÉ.



Dieu lui fit connaître qu'elle avait mérité ces parures, en recommençant avec cette jeune sœur la partie de l'office déjà récitée. Cette parure portait autant de pierres précieuses qu’elle avait, dans sa humble charité, répété de paroles.



CHAPITRE LXVII.

QUE LE SEIGNEUR RÉPANDIT PAR SON ENTREMISE LE  TORRENT DE SA GRÂCE SUR BEAUCOUP D’ÂMES.

: « Je prendrai désormais plaisir à me servir de ton cœur. II sera le canal qui, de la source jaillissante de mon Cœur sacré, répandra des torrents de divine consolation sur tous ceux qui se disposeront à recevoir ces effusions, c'est-à-dire qui auront recours à toi avec confiance et humilité. »



CHAPITRE LXXVI.

DE LA COMMUNICATION SPIRITUELLE DES MÉRITES.



(2) Un époux qui aime tendrement son épouse et qui la voit, par une extrême délicatesse, trop timide pour lui demander ce qu'elle désire pourtant beaucoup ; cet époux, dis-je, est touché de la sage réserve de sa bien-aimée et lui accorde deux fois plus qu'elle ne souhaitait. Ainsi je lui donnerai largement moi-même ce qui lui manque.

Livre IV

CHAPITRE II
DE LA DOUCE VIGILE DE LA NATIVITÉ.

(3) Elle avait en effet pour jouir de Dieu deux manières différentes
- par la première, elle était si complètement portée en Dieu par l'extase, qu'elle ne pouvait ensuite dire que bien peu de choses pour l'utilité de son prochain ;
- par la seconde, elle pénétrait le sens profond des saintes Écritures ; son intelligence éclairée par Dieu y trouvait une saveur étonnante et délicieuse; il semblait alors, pour ainsi dire, qu'elle jouait devant le Seigneur face à face, comme un ami s'assied dans l'intimité devant son ami pour jouer la partie d'échecs. Dans ce cas, elle pouvait ensuite faire profiter les autres de ce qu'elle avait reçu.

(4)…elle s'approcha des plaies vermeilles de Jésus et les baisa amoureusement. Pendant le sixième verset du même psaume, prosternée aux pieds du Seigneur, elle l'adora et lui rendit ses dévotes actions de grâces pour avoir obtenu la pleine rémission de ses péchés.

(16)Pendant la récitation accoutumée des sept psaumes pénitentiaux pour réparer les fautes et les négligences



(18) A ce doute répondit une parole consolante: « Ne crains plus, dit le Seigneur, car ta volonté est tellement unie à ma divine Volonté qu'elle ne peut faire d'autre choix que le mien. Par conséquent, tu désires en toutes choses, premièrement et par-dessus tout ma gloire ; dès lors les esprits angéliques sont soumis à ta volonté de telle sorte que s'ils n'avaient pas prié pour vous comme tu viens de le comprendre, ils le feraient à l'heure même, uniquement parce qu'il te plairait qu'ils le fissent.



CHAPITRE XV
DE L'ALLÉGEMENT DES PEINES. DIMANCHE Esto mihi 1.



(1)Après avoir passé toute cette journée dans la joie spirituelle, un incident la jeta vers le soir dans un tel trouble, que toutes ses jouissances s'évanouirent. Elle s'efforça de faire diversion; mais tout en voyant que cette peine n'avait aucune importance, elle ne put cependant triompher de sa disposition et resta privée, dans une certaine mesure, du calme et de la sérénité dont elle avait auparavant joui.



(2)Avant les Matines, et après avoir passé presque toute la nuit sans sommeil à cause de ce trouble d'esprit, elle pria le Seigneur d'écarter cet obstacle, et de lui accorder, pour l'honneur et la gloire de Dieu, de jouir encore des mêmes délices. Le Seigneur lui répondit : « Si tu veux alléger mon fardeau, il te faut nécessairement porter le tien et te placer à ma gauche

(2)…je respire cette confiance assurée qui te fait tendre vers moi par tout l'élan de ton cœur, et je suis doucement ému par l'ardente charité de ton âme qui désire le salut éternel de tous les hommes. Le riche trésor de ton cœur demeure ouvert devant moi, et je puis distribuer au monde entier assez de ta bonne volonté, pour que tous les nécessiteux en ressentent les bienfaits. Au contraire, si tu étais placée à ma droite, c'est-à-dire si ton âme ne connaissait que la consolation, je serais privé de toutes ces douceurs, car ma tête reposerait sur ton cœur, et tu sais que les objets placés sous la tête ne peuvent être vus par l’œil ni perçus par l'odorat, ni même touchés par la main sans difficulté. »



CHAPITRE XXII.
UTILITÉ DU SOUVENIR DE LA PASSION DU SEIGNEUR. DIMANCHE Judica 1.



(1)…comme elle venait de s'offrir tout entière à Dieu pour souffrir et accomplir en son âme et en son corps tout ce qui plairait à la divine volonté, le Seigneur parut accepter cette offrande avec une ineffable reconnaissance.

(4)….et murmura à l'oreille de son âme ces très douces paroles : « Je suis ton Créateur, ton Rédempteur, celui qui t'aime ; je t'ai acquise dans les angoisses de la mort, au prix de toute ma béatitude. » En ce moment, tous les saints manifestèrent une profonde admiration pour l'ineffable condescendance du Seigneur envers cette âme et ils en bénirent Dieu avec une grande joie.



CHAPITRE XXVI.
DU SAINT JOUR DU Parasceve1, OU VENDREDI-SAINT.



Ta bonne volonté et ta fidélité viennent de me satisfaire

CHAPITRE LVIII.
DE LA FÊTE DE LA DÉDICACE DE L'ÉGLISE.



(1)« N'es-tu pas souvent blessée par les langues médisantes ? – Hélas ! Seigneur, dit-elle, je sais que mes fautes ont été souvent pour le prochain un sujet de scandale ! –





(4) Le Seigneur lui dit alors avec bonté: « Voici que je te livre toute la douceur de mon divin Cour, pour que tu puisses la donner à tous, aussi largement que tu voudras. » Elle puisa comme avec la main dans le Cœur du Seigneur, et aspergea les nombreux ennemis qui en ce temps troublaient par leurs menaces les propriétés du monastère 1. Elle connut que tous ceux sur qui était tombée une seule goutte puisée dans le Cœur sacré devaient bientôt se repentir et se sauver par une sincère pénitence.

CHAPITRE LIX.
EN LA CONSÉCRATION DE LA CHAPELLE.



(4) …les pensées nombreuses qu'elle s'étudiait à diriger vers Dieu.



LIVRE V



CHAPITRE XXIV.

DES PRÉPARATIFS DE SON DÉPART.



(2): « Sur quel siège pourrai-je m'asseoir? -- La confiance pleine et entière qui te fera tout espérer de ma bonté, sera ton siège pour ce voyage. -- Et qu'est-ce qui servira de rênes? -- Ce sera l'amour très ardent qui te fait désirer mes embrassements. »



CHAPITRE XXVI.

AVEC QUELLE FIDÉLITÉ DIEU GARDE LES PRÉPARATIONS D'UNE AME.



(1)Elle reprit : « O Seigneur, si vous m'aviez enlevée de ce monde lorsque, d'après vos paroles, je m'attendais à mourir, je crois que, votre grâce aidant, vous m'eussiez trouvée mieux disposée. Mais il est à craindre que, par suite de vos délais, je sois devenue négligente et tiède » Le Seigneur répondit: « Toutes choses ont leur temps dans les sages dispositions de ma providence. Aussi, tout ce que tu as déjà fait pour te préparer à mourir sera fidèlement gardé par ma bonté, et rien de ce que tu y ajouteras dans la suite ne sera perdu pour toi. »



CHAPITRE XXVIII.

DE LA CONSOLATION DONNÉE PAR LE SEIGNEUR ET LES SAINTS.



(1)A l'heure de ta mort, au moment où les hommes ressentent les plus grandes angoisses, ils te combleront de consolations.

(1)Lors donc qu'elle s'efforçait, comme nous l'avons dit, de réparer par des prières spéciales les négligences qu'elle avait commises dans son culte envers la bienheureuse Vierge,

(2)La Mère très aimante reçut avec joie cette offrande, se déclara prête à tout ce qu'on demandait de sa tendresse, et dit : « Accordez-moi aussi cette faveur, ô Fils bien-aimé : lorsque j'irai au-devant de cette élue, que toutes les grâces dont vous m'avez comblée répandent en elle une divine suavité plus parfumée que le baume et lui communiquent les joies de la béatitude éternelle. »