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POURQUOI ELLE PLAIT

AU SEIGNEUR

Le Seigneur en rendit lui-même témoignage car une personne lui ayant demandé ce qui lui plaisait davantage dans cette Élue, il répondit : « La liberté de son Cœur. »

Ce bien est si grand qu'il conduit à la plus haute perfection : à toute heure je trouve ma bien-aimée prête à recevoir mes dons, car elle ne supporte dans son âme absolument rien qui puisse entraver mon action. »

Comme conséquence de cette liberté d'esprit, elle ne gardait à son usage que ce qui lui était indispensable, et si elle recevait quelques présents, elle les distribuait aussitôt au prochain, ayant soin de favoriser les indigents et de préférer ses ennemis à ses amis. Si elle avait quelque chose à faire ou à dire, elle s'exécutait sur-le-champ, dans la crainte que la moindre préoccupation l'éloignât du service de Dieu et de l'assiduité à la contemplation.

9En ce qui concernait les vêtements ou les objets à son usage, elle se contentait du nécessaire, n'apportant aucune recherche ou délicatesse. Ces objets lui plaisaient, en proportion de ce qu'ils l'aidaient à servir Dieu,

Ce n'était pas pour elle-même qu'elle faisait usage des choses créées par Dieu, mais uniquement pour la gloire de son Seigneur.

C'était donc avec joie qu'elle usait du sommeil, de la nourriture et de toute autre chose, car elle pensait donner ces biens au Seigneur qu'elle voyait en elle comme elle se voyait en lui, selon cette parole de l'Évangile : « Quod uni ex minimis meis fecistis, mihi fecistis : Ce que vous avez fait à l'un de ces petits, c'est à moi que vous l'avez fait » (Matth., xxv, 40) ; et s'estimant la dernière et la plus vile des créatures à cause de son indignité, tout ce qu'elle s'accordait à elle-même, elle le regardait comme donné au plus petit des serviteurs de Dieu.

Toutefois elle éprouvait encore plus de joie à donner quelque chose au prochain : c'était alors l'allégresse d'un avare qui, au lieu d'une pièce de monnaie, reçoit cent marcs.

10 Elle voulait que tous les biens lui vinssent du Seigneur lui-même : aussi, s'agissait-il de faire un choix, soit pour les vêtements ou la nourriture, elle prenait au hasard la part qui lui tombait sous la main, croyant s'attribuer ainsi ce que Dieu lui destinait. Elle recevait alors cette part avec autant de reconnaissance que si le Sauveur la lui eût offerte de sa propre main; et que ce fût bon ou mauvais, elle était également satisfaite. Elle trouvait une si grande satisfaction à exécuter ainsi tous ses actes, que parfois elle exprimait sa vive compassion pour les païens et les juifs, qui, dans le choix qu'ils font des choses, ne peuvent agir de la sorte, ni entrer en part avec Dieu.

En parlant de sa charité envers Dieu et le prochain,… se traduisait à l'extérieur par les témoignages d'une compatissante bonté