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MEDITATION de la PASSION


Comme elle venait de s'offrir tout entière à Dieu pour souffrir et accomplir en son âme et en son corps tout ce qui plairait à la divine volonté, le Seigneur parut accepter cette offrande avec une ineffable reconnaissance.

Le Seigneur répondit : « Considère souvent en toi-même, avec reconnaissance et compassion, l'angoisse qui me plongea dans une suprême agonie pendant laquelle, moi, ton Créateur et ton Maître, je prolongeai ma prière (Luc, xxii, 43);

rappelle-toi cette sueur de sang dont j'arrosai la terre, sous la véhémence de mes désirs et de mon amour;

et enfin confie-moi toutes tes œuvres et tout ce qui te concerne en union avec cette soumission qui me faisait dire à mon Père: « Pater, non mea, sed tua voluntas fiat : Père, que votre volonté se fasse et non la mienne. » (Luc, xxii, 42). 

Accepte la prospérité ou l’adversité parce que c'est mon divin amour qui dispose toutes choses pour ton salut.

Reçois avec reconnaissance la prospérité que mon amour condescendant accorde à ta faiblesse, afin que tu te souviennes de l'éternelle félicité et que tu apprennes à l'espérer.

Reçois aussi l'épreuve, en t'unissant à cet amour paternel qui m'engage à te l'envoyer, afin que par elle tu puisses acquérir les biens de l'éternité. »

et murmura à l'oreille de son âme ces très douces paroles : « Je suis ton Créateur, ton Rédempteur, celui qui t'aime ; je t'ai acquise dans les angoisses de la mort, au prix de toute ma béatitude. » En ce moment, tous les saints manifestèrent une profonde admiration pour l'ineffable condescendance du Seigneur envers cette âme et ils en bénirent Dieu avec une grande joie.