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DIMANCHE des RAMEAUX et pour l’année


« Donne-moi une monture, une foule qui vienne avec joie au-devant de moi, une foule qui me suive en chantant mes louanges, une foule qui m'accompagne et me serve. La contrition de ton cœur me servira de monture, si tu confesses avoir souvent refusé de suivre la voix de la raison et n'avoir pas plus remarqué que ne le ferait un animal, tout ce que ma bonté opérait pour ton salut. Cette négligence a troublé mon calme et ma sérénité ; et tandis que j'aurais dû ne goûter en toi que des joies spirituelles, je me vois contraint par la justice de te purifier par des peines corporelles ou spirituelles ; de cette façon, je souffre pour ainsi dire en toi, parce que l'amour de la divine bonté me force à compatir à toutes tes souffrances. Lorsque tu m'auras fourni cette monture, je m'y assiérai assez commodément.

=====mes péchés empêche Jésus de gouter les joies spirituelles que devrait donner mon cœur aimant

Tu me donneras une foule venant joyeuse au-devant de moi, lorsque tu me recevras avec l'amour de toutes les créatures et en union avec la tendresse qui m'amena à Jérusalem en ce jour pour le salut de tous. Tu suppléeras ainsi aux louanges, aux actions de grâces, à l'amour et aux hommages qu'on a omis de me rendre pour ce bienfait.

Donne-moi ensuite une foule qui me suive en chantant mes louanges. Pour cela, confesse que tu ne t'es pas assez efforcée de suivre les exemples de ma très sainte vie. Offre-moi une volonté si généreuse, que si tu pouvais engager tous les hommes à imiter de la manière la plus parfaite ma vie et mes souffrances, tu y emploierais volontiers toutes tes forces, pour ma gloire. Demande en même temps qu'il te soit donné, autant qu'il est possible à l'homme, de m'imiter avec un zèle ardent, spécialement par la vraie humilité, la patience et la charité, vertus que j'ai pratiquées au suprême degré pendant ma Passion.

4« Donne-moi enfin une foule qui m'accompagne et qui m'assiste, en confessant que tu ne m'as jamais servi avec la fidélité requise lorsqu'il fallait défendre la vérité et la justice. Aie le désir de travailler à ces deux grandes causes autant qu'il me plaira par tes paroles, tes actes, et demande-moi d'avoir à toute heure cette bonne volonté afin de procurer ma gloire. »

5Le Seigneur ajouta : « Si quelqu'un, au nom de l'univers, se donne à moi de ces quatre manières, je viendrai à lui avec tant de bonté qu'il en recueillera le fruit du salut éternel. »

9 mais comme j'avais le désir de beaucoup souffrir pour les hommes, je n'ai pas voulu y tremper mes lèvres. Toi au contraire, animée par un amour semblable, prends tout ce qui t'est nécessaire et profitable, afin de vivre plus longtemps pour me servir.

10« Dans cette coupe qui me fut offerte, considère trois choses. Elle contenait d'abord du vin : accomplis tous tes actes avec joie et pour ma plus grande gloire.

Il s'y trouvait aussi de la myrrhe : reçois donc les soulagements avec intention de souffrir plus longtemps pour ma gloire ; c'est là le sens de la myrrhe qui préserve de la corruption.

Enfin le fiel y était aussi mélangé, pour t'enseigner à demeurer volontiers sur la terre, privée des joies de ma douce présence, aussi longtemps qu'il me plaira.

Quand les soulagements sont pris dans cette intention, ils ont pour moi le même effet que si un ami acceptait de boire tout le fiel présenté à son ami, et lui offrait en échange le nectar le plus exquis. »

+ Manière de prendre les repas

14Cette parole lui fit comprendre que si une âme désire offrir au Seigneur l'hospitalité, elle doit lui remettre la clef de sa volonté propre, s'abandonner à son bon plaisir et croire fermement que la divine bonté opérera son salut par tous les moyens possibles ; alors le Seigneur entre et accomplit dans ce cœur et dans cette âme sa volonté pleine d'amour. Guidée ensuite par l'inspiration divine, elle récita comme de la part de tous ses membres, trois cent soixante-cinq fois cette parole de

Suite DIMANCHE des RAMEAUX



L’Evangile : « non mea, sed tua voluntas fiat : que votre volonté se fasse et non la mienne (Luc, xxii, 42), très aimable Jésus » ; et elle comprit que cette prière était agréable au Seigneur.

Seigneur répondit : « Mon divin Cœur accepte avec une grande satisfaction cette manière de célébrer la fête, car dans la vie éternelle celui qui l'aura pratiquée recevra d'abord la récompense de toutes ses œuvres. Ensuite je lui préparerai dans ma royale munificence un festin nuptial où il recevra plus d'honneurs, de joies et de délices que les autres invités, comme l'épouse au festin des noces jouit davantage de tous ces biens, quoique le roi, par égard pour elle, prodigue aux autres convives les présents de sa libéralité. »